Talence Pépinière : retour d’expérience

Jérôme Guillet

 

Jérôme Guillet a été hébergé plus d’un an au sein de la pépinière. Retour sur cette expérience dans l’interview ci-dessous.

Interview de Jérôme GUILLET, fondateur de Matières prises

Matières prises : accompagnement de collectivités et d’associations à se rapprocher des publics qu’elles souhaitent toucher (mais qui leur échappent d’ordinaire) en ayant recours à un travail dans l’espace public (en tant que 1ère zone de contact).

Peux-tu me parler de ton intégration dans la pépinière ?

Quand je suis arrivé sur Talence, je me retrouvais dans une situation, encore en autoentreprise sur le point de basculer en entreprise indépendante et j’étais comme beaucoup de gens dans une situation un peu transitoire où la question d’avoir un espace de travail et celle de sortir d’une forme d’isolement se confondaient dans un même enjeu. Pour moi c’était absolument improbable d’avoir un local propre et en plus je pense que j’étais un peu fatigué des colocations improbables que j’avais vécues quand j’étais sous forme associative. Je préférais être seul que mal accompagné. En lisant Talence Mag, j’ai découvert la possibilité d’intégrer une pépinière ça ne mettait pas venu à l’esprit pour des raisons culturelles car j’étais plutôt dans le champ associatif. Je pensais qu’une pépinière, c’était forcément pour des gens qui développent des business
sans dimension sociale, ce qui était vraiment un à-priori. Donc je me suis rapproché de la collectivité qui m’a indiqué la procédure à suivre. La 1ère rencontre était très intéressante, c’était un accueil avec le directeur et la responsable du
service emploi et les deux ont été intéressés par ce que je leur ai raconté. Une autre dimension qui m’a donné envie d’intégrer la pépinière, c’est le cadre, le château, c’est extraordinaire. Emotionnellement, physiquement, venir ici et faire face à ce parc, c’est important quand on est confronté à un certain stress, faire face à ses commandes, surtout dans les phases de démarrage et de transition. Me retrouver dans un environnement pacifiant au point de vue émotionnel, c’est venu faire une vraie compensation. La question qui est liée à l’isolement face au marché et au repli domestique et là non
seulement tu as un lieu accueillant mais en plus tu es face à des gens qui ont une vraie sollicitude.

Peux-tu préciser de quels gens tu parles ?

Oui déjà c’est Annick (la secrétaire de la pépinière) qui manifeste sa disponibilité et s’interroge sur comment elle va pouvoir nous soutenir même si on n’a pas toujours recours à elle, c’est une personne qui cherche à trouver comment t’aider. Et puis ça a été Bertrand (le directeur) qui effectivement s’est un peu pris le chou car en n’ayant pas directement des connections dans mon environnement entrepreneurial, il s’est interrogé sur sa trajectoire professionnelle, les gens qu’il avait croisés … Ca n’a pas toujours porté ses fruits tout de suite mais déjà ça m’a apporté sur la connaissance du territoire et sur le fait qu’un contact peut avoir des effets rebonds. Et après l’autre forme de soutien, elle a été du fait des autres membres de la pépinière, et dans l’informel, et dans les temps de rencontre, il y a eu une vraie curiosité de certains
avec à la fois un partage des problématiques avec un côté un peu expiatoire et d’autres moments où certains ont fait des propositions techniques, sur des questions règlementaires ou de contrats aidés, des choses comme ça par exemple.

Vous avez donc des temps de rencontres collectives ?

Il y a des rendez-vous formels avec des intervenants qui viennent faire un focus sur une dimension particulière de la vie de l’entreprise. Sinon, c’est en train de se faire de ritualiser les rencontres soit pour s’entraider mutuellement, soit simplement pour manger ensemble. C’est la question de l’identité collective et de comment on peut faire rituel. C’est avant tout une histoire d’atomes crochus entre les gens mais l’institution peut le favoriser. Je me suis senti comme une jeune pousse avec des gens autour qui s’inquiètent de comment ça pousse, comment ça peut se développer. J’étais dans un environnement qui m’a permis de me déployer véritablement et de passer ce cap où il était important que je sorte de chez moi et de côtoyer des gens qui ont des préoccupations proches.

Pourquoi quittes-tu la pépinière ?

Parce que j’ai une hausse de mon activité qui me mobilise davantage vers l’extérieur puisque j’interviens essentiellement en accompagnement de collectifs, groupes et collectivités. Je dois aller de plus en plus sur le terrain et je ne reçois pas grand monde donc je n’ai pas vraiment les moyens d’avoir un bureau dont je ne me sers qu’une fois par mois.

Garderas-tu des contacts avec les autres entrepreneurs de la pépinière ?

Oui car je me suis lié avec Dadul, un entrepreneur d’origine indienne et finalement aujourd’hui je fais partie de son association et je l’accompagne pour communiquer sur les voyages particuliers qu’il organise en Inde. Ca me passionne et cette rencontre est née de ma présence ici. Donc c’est le lien que je vais garder, pour le reste ça me paraît plus aléatoire. Je resterai aussi en contact avec Bertrand car j’ai bénéficié d’un bon accompagnement avec lui, que ce soit des réponses concrètes et objectives qu’il m’a apporté mais aussi des réponses plus émotionnelles et plus personnelles et ce n’est pas indissociable … Et un bon accompagnement c’est forcément un mélange des deux.

Merci beaucoup pour tes réponses et ton retour d’expérience de Talence Pépinière.

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